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05.11.2005

Le Sénat vu du Jardin du Luxembourg et la Place Saint-Sulpice

Photos du jour: le Sénat vu du Jardin du Luxembourg et la place Saint-Sulpice

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04.11.2005

Restaurant germanopratin de la semaine: l'Alcazar

Désormais chaque semaine votre journal germanopratin vous fera découvrir et vous recommandera un restaurant...germanopratin bien entendu. Cette semaine: l'Alcazar, le chouchou du journal germanopratin.

Quelques raisons de choisir l'Alcazar:

1.Son cadre tamisé, moderne et chaleureux, signé Conran.

2.Sa cuisine, moderne sans être prétentieuse. Essayez le fish and chips ou le fondant au chocolat: classiques mais délicieux...

3. Sa mezzanine où vous pouvez dîner pour un prix moins élevé ou simplement venir prendre un verre.

4. Sa cuisine visible depuis le restaurant

5. Ses soirées régulièrement organisées à la mezzanine (voir le programme sur le site internet de l'Alcazar)

6. L'amabilité du personnel.

Notre avis: autrefois célèbre cabaret orchestré par Jean-Marie Rivière. Depuis  1998, date à laquelle Sir Conran a investi les lieux,  l'Alcazar est un lieu branché sans la connotation péjorative que peut impliquer ce terme, un lieu incontournable au charme très germanopratin, où se côtoient la jeunesse germanopratine et les touristes américains.

Adresse: 62 rue Mazarine, 75006 Paris

Site internet: http://www.alcazar.fr

 

ALCAZAR - Bar restaurant
62, rue Mazarine 75006 PARIS
Tél : 00 (0)1 53 10 19 99
Fax: 00 (0)1 53 10 23 23

Ouvert 7/ 7, 365 j/an
12h à 15 h et de 19h à 2h

Parkings :

P1 : 27, rue Mazarine
P2 : 21, rue de l'école
de médecine
P3 : Place St Sulpice
P4 : 9, rue Clément

Métro :
Odéon (ligne 10 et 4)




"Match point" de Woody Allen: le film de la semaine sélectionné par le journal germanopratin

Désormais chaque semaine votre journal germanopratin sélectionnera et vous recommandera un film à l'affiche à Saint-Germain des Prés. Cette semaine: "Match point" de Woody Allen.

Un film de Woody Allen c’est un peu comme l’étaient les films de Melville, de Sautet, de Hitchcock et de quelques autres, aussi diamétralement opposés que soient leurs styles, qu’ils soient excellents (ils le sont presque toujours) ou un peu moins, nous savons d’avance dans quel genre de film, dans quelle forme filmique nous allons nous plonger, avec délectation d’ailleurs, car c’est aussi, surtout, pour cela que nous y allons : le signe distinctif d’un cinéaste immédiatement reconnaissable. Cette fois pourtant, tout en excellant dans son domaine, plus que d’habitude encore peut-être, Woody Allen réussit à nous surprendre, en s’affranchissant des quelques « règles » qui le distinguent habituellement : d’abord en ne se mettant pas en scène, ou en ne mettant pas en scène un acteur mimétique de ses tergiversations existentielles, ensuite en quittant New York qu’il a tant sublimée. Cette fois, il a en effet quitté Manhattan pour Londres, Londres d’une luminosité obscure ou d’une obscurité lumineuse, en tout cas ambiguë…cadre idéalement paradoxal pour ce jeune prof de tennis d’origine modeste embauché dans un club huppé où il sympathise avec le fils d’une riche famille, tout en s’éprenant d’abord de sa sœur, ou du moins en feignant de s’en convaincre, à défaut de nous en convaincre,…avant de rencontrer la fiancée de ce dernier, actrice sans emploi de son état, rencontre qui engendre une passion suffocante. Raconter ainsi « Match point » serait décrire une histoire de passion parmi d’autres (passion dont il filme d’ailleurs et néanmoins brillamment la frénésie claustrophobique que sa caméra épouse, et l’irrationalité ) pourtant dès le début s’immisce une fausse note presque imperceptible, sous la forme d’une récurrente thématique pécuniaire, symbole du mépris insidieux, souvent inconscient, que la situation sociale inférieure du jeune prof de tennis suscite chez sa nouvelle famille, et du sentiment d’infériorité que cela suscite chez lui, fausse note qui va aller crescendo jusqu’à la dissonance paroxystique, dénouement de cet opéra filmique, forcément tragique, forcément grandiloquent.

C’est aussi le film des choix cornéliens, d’une balle qui hésite entre deux camps : celui de la passion d’un côté, et de l’amour, voire du devoir, de l’autre croit-on d’abord, celui de la passion d’un côté et de la réussite sociale de l’autre réalise-t-on progressivement. C’est aussi donc le match de la raison et de la certitude sociale contre la déraison et l’incertitude amoureuse. A travers le regard de l’étranger à ce monde, Woody Allen dresse le portrait acide de la « bonne » société londonienne avec un cynisme chabrolien auquel il emprunte d’ailleurs une certaine noirceur et une critique de la bourgeoisie digne de  La cérémonie que le dénouement rappelle d’ailleurs.

Le talent du metteur en scène réside également dans l’identification du spectateur au héros et à son malaise croissant qui, aussi odieuse soit-elle, trouve finalement la résolution du choix cornélien inéluctable. En ne le condamnant pas, en mettant la chance de son côté, la balle dans son camp, c’est finalement notre propre aveuglement ou celui d’une société éblouie par l’arrivisme que Woody Allen stigmatise. Parce-que s’il aime la jeune actrice, il aime plus encore l’image de lui-même que lui renvoie son épouse : celle de son ascension.

Il y a aussi du Renoir dans ce Woody Allen là qui y dissèque les règles d’un jeu social, d’un match fatalement cruel. Woody Allen signe un film d’une férocité jubilatoire, un film cynique sur l’ironie du destin, l’implication de la chance, chance qui se trouvait déjà au centre de La fille sur le pont de Leconte. Le fossé qui sépare le traitement de ce thème dans les deux films est néanmoins immense : le hiatus est ici celui de la morale puisque dans le film de Leconte cette chance était en quelque sorte juste alors qu’elle est ici amorale, voire immorale, …pour notre plus grand plaisir. C’est donc l’histoire d’un crime sans châtiment dont le héros, sorte de double de Raskolnikov, est d’ailleurs un lecteur assidu de Dostoïevsky, tout comme Woody Allen à en croire une partie la trame du récit qu’il lui « emprunte ».

La réalisation de Woody Allen a ici l’élégance perfide de son personnage principal. Le film, d’une noirceur inhabituelle chez le cinéaste, s’achève par une balle de match grandiose au dénouement d’un rebondissement magistral qui par tout autre serait apparu téléphoné mais qui, par le talent de Woody Allen et de son scénario ciselé, apparaît comme une issue d’une implacable et sinistre logique. Un match palpitant, incontournable, inoubliable. Un chef d’œuvre de cynisme, le témoignage d’un regard désabusé et d’une grande acuité sur les travers de notre époque, cynique parfois malgré elle... Malgré elle ?

Germanopratine

Où voir Match point à SAint-Germain des Prés? Au MK2 Odéon: 10H50(Samedi, Dimanche),13H50,16H30,19H15,21H55. Film:15 minutes après

Remise du prix de Flore le 8 novembre

Saint-Germain des Prés, quartier emblématique des éditeurs. Le café de Flore, lieu emblématique de Saint-Germain des Prés. Les deux ne pouvaient que se rencontrer. Ainsi, depuis 1994, le prix de Flore récompense un jeune auteur au talent prometteur.Les critères de sélection sont l'originalité, la modernité et la jeunesse. Le jury est composé de journalistes et se distingue par son indépendance, sa liberté, son insolence.

PRECEDENTS LAUREATS

Première sélection 2005

- Bayon : "les pays immobiles" (Grasset)
- Maurice G.Dantec : "Cosmos Incorporated" (Albin Michel)
- Régis Jauffret : "Asiles de fous" (Gallimard)
- Paul Jimenes : "La conquête de la Pologne" (Flammarion)
- Basile Panurgias : "Le Pinkie-pinkie" (Fayard)
- Alice de Poncheville : "La Martre" (L'Olivier)
- Frédéric Roux : "Et mon fils avec moi n'apprendra qu'à pleurer" (Grasset)
- Laurent Sagalovitsch : "Loin de quoi ?" (Actes Sud)


Deuxième sélection 2005

- Régis Jauffret : "Asiles de fous" (Gallimard)
- Frédéric Roux : "Et mon fils avec moi n'apprendra qu'à pleurer" (Grasset)
- Thomas Gunzig : "Kuru" (Au Diable Vauvert)
- Christophe Honoré : "Le livre pour enfants" (L'Olivier)
- Thomas Lélu : "Je m'appelle Jeanne Mass" (Léo Scheer)
- Joy Sorman : "Boys, boys, boys" (Gallimard)

Alors que François Weyergans vient d'obtenir le prix Goncourt 2005 pour "trois jours chez ma mère" découvrez  le 8 novembre le lauréat du prix de Flore 2005...

Le site internet du café de Flore

Germanopratine

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